Depuis sa création en 1999, Minga a toujours considéré que le développement de filières d’importation avec les pays du sud ne devait jamais se faire au détriment des cultures vivrières locales, surtout si ce développement se réclamait de l’équité. Cette position fut difficile à défendre tant que les prix des produits alimentaires restèrent bas ; les autres organisations se réclamant du commerce équitable estimaient en effet qu’il fallait avant tout faciliter l'accès des producteurs défavorisés du sud aux marchés du nord par de meilleurs prix, le pré-paiement et la régularité des achats.
La hausse des prix des matières premières en avril dernier nous a donné raison. Pour nous, l’enjeu du commerce équitable est de promouvoir le développement local en faisant évoluer les pratiques économiques. Il ne s’agit pas seulement de « garantir »* au consommateur que le produit dit équitable sert bien à améliorer les conditions de travail du producteur, mais de faire que cette activité corresponde bien aux choix de développement décidés par les communautés locales, et d’examiner avec elles si ces filières et les besoins de consommation qu’elles satisfont aident réellement la souveraineté de leurs communautés en préservant la qualité des sols et la biodiversité de leurs territoires. Mais aussi il ne peut y avoir de commerce équitable sans une juste rétribution du travail et des risques du commerçant.



